«Une porte de bois nous séparait du tueur»

- Marjolaine Boutin-Sweet, députée d'Hochelaga

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve, page 5 | Anne-Laure Jeanson

La député d’Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, a passé plus de dix heures confinée dans un bureau de la colline parlementaire avec ses confrères, sans pouvoir en sortir, le 22 octobre.

Aux alentours de 10 h, une fusillade avait éclaté dans les corridors du bâtiment à Ottawa, alors que les députés du NPD et du Parti conservateur étaient en caucus.

Afin de garantir leur sécurité, ils n’ont pu quitter les lieux que vers 20h30.

Mme Boutin-Sweet a été rejointe par son conjoint et son fils à Ottawa pour la nuit. Ils sont rentrés le lendemain, en fin de matinée, à Montréal.

Récit d’une longue journée

Six heures après les premiers coups de feu, Mme Boutin-Sweet a témoigné depuis son téléphone cellulaire.

« Je ne préfère pas dire où on est pour des raisons de sécurité, mais la salle est pleine. Je suis avec d’autres députés, mais aussi des sénateurs et des membres du personnel du Parlement. Tout est verrouillé, il y a un soldat et des policiers avec nous, ça nous semble sécuritaire », déclare Mme Boutin-Sweet.

Après plusieurs heures confinés dans cette salle, la fatigue et la lassitude se faisaient sentir.

« Certains dorment, d’autres discutent entre eux. On commence à avoir hâte de sortir », dit-elle.

Des agents de sécurité leur ont apporté de l’eau, des breuvages et quelques repas qu’ils ont pu se partager.

« Nous étions en caucus lorsque nous avons entendu des coups de feu. Au début, je croyais qu’il s’agissait des travaux en face du Parlement. Rapidement, nous avons réalisé que c’était de vrais coups de feu. On a gelé. Certaines personnes ont voulu sortir, on leur a déconseillé. Puis, un agent de sécurité est entré, il nous a dit de nous mettre à terre », raconte la députée néo-démocrate.

« C’est la première fois que j’entends des coups de feu. C’est vraiment surréel. J’ai entendu une première rafale, puis un coup et une seconde rafale. Une porte de bois nous séparait du tueur », raconte-t-elle.

Des agents ont ensuite emmené les personnes présentes dans un autre lieu, plus sécuritaire.

« On doit une fière chandelle aux agents de la Colline. Ce sont des gens que l’on connaît, que l’on côtoie tous les jours. L’un d’eux a été blessé à la jambe, sa vie n’est pas en danger, mais un soldat est mort et ça, c’est vraiment triste », dit-elle.

Si la députée d’Hochelaga avait un message à passer, ce serait de « ne pas se laisser ébranler. La violence engendre la violence. »

 

Source : http://www.nouvelleshochelagamaisonneuve.com/Vie-de-quartier/2014-10-22/article-3912864/%26laquo%3B/1