Sursis pour une famille hochelagaise qui devait être expulsée

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve, publié le 30 novembre 2012

Par Steve Caron

Une famille mexicaine de Hochelaga-Maisonneuve évite momentanément son renvoi vers son pays d'origine.

Maria Isabel Ruvalcaba, son mari Ulises Cabrera Huerta et leurs trois enfants habitent le quartier depuis plus de cinq ans.

Le père est arrivé au Canada en 2007, après avoir quitté son pays natal. La mafia mexicaine l'aurait approché pour qu'il travaille pour elle. Il a eu peur pour sa vie et s'est enfui.

Sa femme le rejoint deux mois plus tard. Au Québec, ils vivent des jours heureux. Durant cette période, Mme Ruvalcaba donne naissance à deux enfants, faisant grandir la famille à trois.

En septembre dernier, Immigration Canada leur signifie son intention de les expulser. La date de leur déportation est prévue pour le 28 novembre. Au même moment, la mère apprend qu'elle est enceinte de quatre mois.

À sa dernière grossesse, elle a failli perdre la vie. L'arrivée d'un nouveau chérubin n'était pas dans les plans du couple.

Étant donné ses antécédents de décollement placentaire, elle est suivie à l'hôpital Sainte-Justine. Dans une lettre, sa gynécologue indique qu'elle ne doit pas prendre l'avion, puisque cela peut causer une perte fœtale.

Le ministère décide de demander un second avis médical. Sans prendre le temps de rencontrer la dame, le médecin du ministère lui recommande de prendre deux aspirines et de porter des vêtements élastiques pour la durée du vol.

Nouvelle intervention de la gynécologue de Sainte-Justine pour reconfirmer que la femme ne peut voyager présentement.

Un dossier est envoyé au ministère de l'Immigration pour demander un sursis à l'expulsion, du moins jusqu'à la naissance de l'enfant, prévue en mai 2013.

Mise au fait de la situation, la députée fédérale de Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, accentue la pression. Elle interpelle le ministre, Jason Kenney, pour lui demander de reconsidérer la décision du ministère.

« Je trouvais la situation extrêmement préoccupante, autant pour la vie de la mère que celle de l'enfant à naître. C'est pourquoi j'ai écrit au ministre de l'Immigration pour qu'il intervienne dans ce dossier et fasse preuve d'un peu de compassion. »

Les efforts de la députée ont été récompensés. Le ministère a finalement reporté l'expulsion de la famille, du moins pour le moment. Aucune nouvelle date de renvoi n'a été décidée.