Subventions fédérales : Le FRAPRU dénonce les coupes du fédéral

Le Journal de Montréal, publié le 27 mai 2012
Par Sarra Guerchani
MONTRÉAL – Près de 700 personnes venues des quatre coins du Québec ont manifesté dimanche dans le quartier Pointe-Saint-Charles à Montréal pour réclamer le maintien des subventions fédérales versées à 600 000 locataires de logements sociaux au pays.
Le coordonnateur du Front d'action populaire en réaménagement urbain (FRAPRU), François Saillant, a soutenu que 75 000 locataires de logements sociaux ne recevraient plus de subventions fédérales et que cette situation se poursuivrait jusqu'à ce qu’il n’y ait plus d’aide gouvernementale.
«D’ici 10 ans, plus de la moitié des logements vont être touchés. Dans 20 ans, c’est l’ensemble des logements sociaux qui sera touché». Ce sont 127 000 logements sociaux au Québec qui sont victimes de ces coupures.
Le FRAPRU est inquiet. «Les ménages à faible revenu qui habitent présentement ces logements risquent tous de voir leur loyer augmenter. Dans le cas des logements coopératifs et sans but lucratif relevant directement de la Société canadienne d'hypothèques et de logement (SCHL), la hausse sera salée», a expliqué M. Saillant.
Un locataire pourrait selon lui se retrouver à payer plus de 50 % de son revenu en loyer contre seulement 25 % actuellement.
Dans le quartier Pointe-Saint-Charles, « 40 % de l'ensemble des logements locatifs reçoivent des subventions du gouvernement fédéral », a indiqué la porte-parole du Regroupement Information Logement de Pointe-Saint-Charles, Muriel Sauvé.
Jusqu’en mars 2011, le gouvernement Harper avait donné 2 millions $ pour rénover les logements sociaux qui en avaient besoin. « Tout ça, c’est fini, c’était pour des logements qui n’avaient pas été entretenus depuis au moins 35 ans », a déploré M. Saillant.
Il a ajouté que «le gouvernement conservateur est fermé à toutes négociations, leur décision est irrévocable».
Selon le FRAPRU, il y a de grandes chances que le gouvernement privatise ces logements sociaux.
En solidarité avec le mouvement étudiant et pour exprimer leur désaccord avec la loi 78, les manifestants n’ont pas fourni leur itinéraire aux policiers.