Son loyer augmente de 200 $ par mois

Fin des ententes hypothécaires pour le logement social

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve | Par Audrey Gauthier

La hausse des loyers cause de sérieux maux de tête à plusieurs locataires de coopérative d’habitation. C’est le cas de Carole Parent, résidente de l’Odyssée, qui devra payer 200 $ de plus par mois pour son 5 1/2, dès 2016.

« Je suis déjà stressée, avec toutes les augmentations des tarifs des services, notamment Hydro-Québec et du prix de la nourriture; je ne sais plus comment je vais arriver à payer ce que je dois », angoisse Mme Parent.

La fin des ententes

Ces fortes augmentations sont dues à la cessation des suppléments au loyer et des ententes hypothécaires entre les fournisseurs de logements sociaux – tels que coopératives, organismes à but non lucratif et habitations à loyer modique – et la Société canadienne d’hypothèques et de logement (SCHL). Ces subventions permettraient à des citoyens de se loger convenablement à prix abordable en ne déboursant que 25 % de leur revenu.

Dans le cas de Mme Parent, qui consacrait 25 % de ses revenus au logement devra désormais y dédier 44 %.

« J’ai déjà coupé la télévision et je me limite à 150 $ d’épicerie par mois. Je ne me paye pas de sorties ou de loisirs. Je ne fais que survivre », laisse savoir Mme Parent, inquiète.

Cette situation n’est pas propre qu’à l’Hochelagaise. Dans le quartier, ce sont plus de 20 ensembles de logements sociaux qui perdront leur financement fédéral, d’ici 2018.

« À Montréal, ça représente 26 000 ménages touchés. À travers le Canada, ce sont plus de 620 000 logements et autant de familles qui seront affectées par ce désinvestissement. Il ne faut pas oublier qu’il y a des gens derrière ces statistiques », affirme la députée de Hochelaga et porte-parole en question de logement à l’opposition officielle, Marjolaine Boutin-Sweet.

Questionnée sur les raisons justifiant la cessation de ses accords, la SCHL a répondu par courriel que « lorsque ces ententes arriveront à échéance, le gouvernement aura honoré son engagement et le financement prendra fin ».

Elle ajoute que le gouvernement fédéral « apporte un financement important » dans un autre programme de logement, soit l’Investissement dans le logement abordable (IDLA). Celui-ci pourrait venir en aide aux locataires qui bénéficiaient d’un supplément au loyer, sous les précédentes ententes. Toutefois, le montant pourrait être moindre.

Motion

Voulant donner une voix aux nombreux ménages touchés par cette situation, Mme Boutin-Sweet a déposé la motion M-450 à la Chambre des communes qui réclame le renouvellement des subventions au logement et le maintien du financement du logement social.

« Je demande au gouvernement conservateur de respecter ses obligations. Se loger est un droit. C’est reconnu à l’international, mais cette notion ne l’est pas au Canada. Il faut préserver ces subventions et aider nos citoyens », indique Mme Boutin-Sweet.

Une pétition

La députée de Hochelaga, Marjolaine Boutin-Sweet, a amorcé la campagne Un toit, un droit. Les citoyens sont invités à signer la pétition afin de demander au gouvernement du Canada de maintenir son investissement dans le logement social. http://petition.npd.ca/logement-social

 

Source : http://www.nouvelleshochelagamaisonneuve.com/Vie-de-quartier/2014-05-06/article-3709454/Son-loyer-augmente-de-200-%24-par-mois/1