Narco-prostitution à « HoMa » : Ottawa sous pression

Magazine Être – en ligne, publié le 25 avril 2012
par Serge Ebacher
Le projet de la maison Dopamine, pour lequel le gouvernement conservateur a refusé de consentir à donner un million de dollars, n’est pas mort, affirment les intervenants. Au contraire, il entrera dans une nouvelle phase, avec notamment une mobilisation du ministère de la Santé.
Le principal promoteur du projet, le directeur de la maison Dopamine, Luc Morin, a accepté pour la première fois de parler publiquement de l’état du dossier depuis le rejet des conservateurs. « Nous avons décidé de ne pas nous laisser décourager par la décision des conservateurs de rejeter notre projet à la hauteur des sommes que nous demandions, le projet étant tellement vital pour le quartier », a-t-il déclaré à Être.
Le projet consiste à déménager Dopamine (organisme qui vient en aide aux prostitué(e)s) dans un édifice à acquérir sur la rue Ste-Catherine et à aménager un centre de répit dans les locaux de l’organisme Cap St-Barnabé sur la rue Benneth. Le 10 avril dernier, il a été rejeté par le comité de révision fédéral du programme de lutte à l’itinérance. « Nous avons reçu cette décision comme un véritable désaveu, mais plutôt que de manifester notre désapprobation face à l’attitude des conservateurs, nous avons adopté une stratégie d’ouverture avec nos partenaires », a expliqué Monsieur Morin.
L’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal – qui avait jugé ce projet prioritaire – a accepté de s’impliquer de nouveau en écrivant une lettre aux membres du comité de révision. « Elle leur demande de revenir sur leur décision et d’accorder les sommes réclamées, en insistant sur le fait qu’il s’agit d’une question de santé publique et qu’une approche basée sur la réinsertion sociale est préférable à toute forme de répression pour enrayer le problème de la narco-prostitution dans le quartier Hochelaga-Maisonneuve », ajoute encore monsieur Morin.
Réunion du comité dans les 30 prochains jours
Les dirigeants et Dopamine et de Cap St-Barnabé ont également demandé l’appui sans réserve du ministère de la santé et des services sociaux, avec succès. Là encore, une lettre a été adressée au comité fédéral. Celui-ci doit se réunir d’ici une trentaine de jours. Il réexaminera le projet et rendra une décision communiquée ensuite à l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal.
Les dirigeants politiques du quartier Hochalaga-Maisonneuve continuent de faire cause commune derrière ce projet qui a suscité l’adhésion de tous les intervenants luttant contre la narco-prostitution. La parlementaire péquiste Carole Poirier et sa collègue néo-démocrate Marjolaine Boutin-Sweet s’assurent que le ministre québécois de la Santé, Yves Bolduc et la ministre fédérale responsable du programme de lutte à l’itinérance, Diane Finley, soient informés des démarches actuellement en cours pour sauver le projet.
De son côté, le maire de l’arrondissement Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard se met à la disposition des promoteurs afin de se joindre à leur démarche. Il affirme n’avoir jamais vu un gouvernement « s’attaquer autant aux plus démunis de la société », regrettant la décision des conservateurs de sabrer aux deux tiers les sommes réclamées au programme de lutte à l’itinérance pour financer un projet de lutte à la narco-prostitution dans l’arrondissement qu’il dirige.