Les emplois de 300 travailleurs de rue menacés

Métro | Par Daphnée Hacker-B.

Des élus montréalais de trois paliers gouvernementaux ont uni leurs voix aux organismes qui luttent contre l’itinérance, lundi, pour dénoncer la réorientation d’un programme fédéral qui risque de couper les vivres aux intervenants de rue.

«L’enjeu est de taille, ce sont plus de 300 intervenants à travers le Québec, qui travaillent auprès des personnes en situation d’itinérance ou en situation très précaire, qui risquent de perdre leur emploi», a déclaré Pierre Gaudreau, coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, qui représente une centaine d’organismes.

Accompagné d’une brochette d’élus d’Hochelaga, dont la député provinciale Carole Poirier et le maire de l’arrondissement Réal Ménard, M. Gaudreau a profité de la journée nationale de l’habitation pour rappeler que le gouvernement Harper veut imposer une nouvelle orientation à la Stratégie de partenariat de lutte contre l’itinérance (SPLI). Les fonds SPLI, dont 8M$ sont octroyés chaque année à Montréal, permettent aux organismes de mener de front une variété de projets d’intervention et de prévention à l’itinérance.

Au printemps, le gouvernement fédéral a annoncé qu’il réduisait de 12% les fonds SPLI, en plus de changer dès avril 2014 le caractère polyvalent et généraliste du financement. «Leur objectif est de consacrer la majorité du budget pour l’accès au logement des gens en situation d’itinérance chronique», a résumé Marjolaine Boutin-Sweet, députée fédérale d’Hochelaga, aussi porte-parole de l’opposition en matière de logement.

Mme Boutin-Sweet dénonce cette orientation restreinte, qui risque de mettre un frein au financement de tout projet qui ne concorde pas avec la nouvelle définition. «L’itinérance est un problème social complexe qui nécessite plusieurs stratégies, comme la réinsertion sociale, le dépannage alimentaire et le travail auprès de tous les groupes vulnérables, pas juste ceux en itinérance chronique», a-t-elle soutenu.

Au bureau du ministre de l’Emploi et du Développement social, en charge du dossier, on s’est contenté d’un court courriel en anglais pour confirmer la nouvelle orientation axée sur le «logement d’abord» (Housing First). Le ministre Jason Kenney n’a pas encore entamé les discussions avec Québec afin d’arriver à une entente pour le déploiement du fonds SPLI.

 

Source: http://journalmetro.com/actualites/montreal/383559/les-emplois-de-300-intervenants-de-rue-sont-menaces/