« Le gouvernement fédéral doit faire sa part »

Nouvelles Hochelaga-Maisonneuve, publié le 12 Mars 2012

par Steve Caron

Le gouvernement fédéral semble réticent à accorder une subvention pour déménager l’organisme Dopamine, une première étape nécessaire dans la mise sur pied d’un centre de répit pour les prostituées.

Mme Boutin-Sweet a joint sa voix à celles de sa collègue de l’Assemblée nationale, Carole Poirier, et du maire de l’arrondissement de Mercier – Hochelaga-Maisonneuve, Réal Ménard. Les trois élus réclament une participation financière de la ministre des Ressources humaines et du Développement des compétences Canada, Diane Finley.

Dopamine souhaite déménager ses bureaux, actuellement situés au CAP Saint-Barnabé, dans une bâtisse de la rue Sainte-Catherine pour être encore plus près de la clientèle qu’il dessert.

Du coup, l’organisme communautaire, qui soutient et accompagne les personnes consommant des psychotropes, disposerait de locaux mieux adaptés à ses besoins et deviendrait propriétaire plutôt que locataire.

L’organisme a déposé sa demande en 2011 et depuis, il est toujours en attente d’une réponse. Le projet de Dopamine a le soutien du comité de milieu de l’Agence de santé et des services sociaux de Montréal.

Pourtant, le Comité conjoint de révision de Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI) du ministère des Ressources humaines et du Développement des compétences Canada a émis des doutes quant à la pertinence du projet.

« Dans les dernières semaines, on nous a demandé des clarifications comme si on cherchait un prétexte pour refuser notre demande. Nous craignons le pire. Nous avons besoin d’une confirmation rapide pour pouvoir aller de l’avant », explique Luc Morin, directeur général de Dopamine.

Le déménagement de Dopamine est intimement lié à la création d’un centre de répit pour les prostituées. Les locaux vacants de l’organisme seraient utilisés pour ledit centre de répit.

Le CAP Saint-Barnabé s’est vu accorder une subvention par le gouvernement provincial pour l’aménagement des infrastructures et l’embauche d’un intervenant. Il ne manque que la confirmation du déménagement de Dopamine et le financement de deux intervenants supplémentaires (une somme d’un peu plus de 60 000 $) pour concrétiser le projet. La réponse du gouvernement fédéral se fait toutefois attendre.

« Les femmes prostituées qui tentent de se sortir de leur situation ont besoin d’un soutien et de ressources adaptées. Augmenter la répression et les criminaliser ne sert à rien. Il faut créer un continuum de services afin de les accompagner à chacune des étapes. Un financement adéquat est crucial à la réussite de cet accompagnement », souligne Mme Boutin-Sweet.

Le centre de répit comprendrait quatre lits pour permettre aux prostituées de « dégriser » et des installations sanitaires pour qu’elles puissent prendre une douche. Des intervenants seraient également sur place pour soutenir les filles dans leurs démarches.

Quatre autres lits, au deuxième étage, seraient réservés pour des hommes itinérants.

« Il est plus que temps de s’attaquer au fond du problème et d’accompagner les femmes qui désirent se sortir de la prostitution. Nous devons agir sur la santé de ces femmes, le temps des paroles est révolu. Il faut agir et vite », indique Carole Poirier, députée provinciale de Hochelaga-Maisonneuve.

Le maire de l’arrondissement est d’avis qu’il faut raccrocher les « filles » au système de santé.

« Pour cela, ça prend des ressources. La mise en place d’un centre de répit est importante. »

Les trois élus estiment que pendant trop longtemps, les autorités n’ont fait que déplacer le problème et qu’il est grand temps que la Ville et les gouvernements provincial et fédéral travaillent ensemble.