ITINÉRANCE : LES CONSERVATEURS ÉCONOMISENT SUR LE DOS DES MOINS NANTIS DE LA SOCIÉTÉ

La Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance est renouvelée, mais subit des compressions majeures, déplore Marjolaine Boutin-Sweet

OTTAWA — Après avoir tergiversé pendant des mois sur la question du renouvellement de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI), le gouvernement conservateur offre des réponses bâclées à des questions complexes et réduit le financement, déplore le NPD.

Le financement annuel passera de 134,8 à 119 millions de dollars, ce qui implique que plusieurs groupes communautaires qui manquaient déjà de moyens pour subvenir aux besoins devront absorber cette baisse marquée des fonds dédiés à la lutte contre l’itinérance.

«Je ne ferai pas comme si le contenu du budget me surprend. Je ne ferai pas semblant d’avoir cru un seul instant que, pour les conservateurs, le logement et l’itinérance sont des enjeux prioritaires», tonne Mme Boutin-Sweet (Hochelaga).

En ce qui concerne le financement du logement social, le gouvernement réduit de 23,3 millions de dollars le budget de la SCHL, seulement pour cette année. «Encore une fois, non seulement le gouvernement confirme son désengagement du logement social, mais il le fait sur le dos des personnes les moins nanties de notre société», ajoute Mme Boutin-Sweet.

Le programme SPLI prend également une approche donnant la «priorité au logement», suivant la voie tracée par le projet Chez soi. «Les résultats ont été forts intéressants, mais il faut faire attention à ne pas réduire la problématique de l’itinérance à la seule question du logement : il faut prendre en compte les problèmes de consommation de stupéfiants, de santé mentale, de narcoprostitution. Il faut éviter que les organismes qui ne tombent plus dans les priorités gouvernementales perdent leurs subventions, car ils effectuent un travail essentiel.»

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