Lutter contre l'itinérance

Reconnaître le droit au logement

En 1976, le Canada a ratifié le Pacte international relatif aux droits économiques, sociaux et culturels, qui prévoit notamment que les États signataires doivent assurer le droit de toute personne à un logement suffisant. Cependant, aucune loi fédérale n’a reconnu ce droit depuis lors, laissant ainsi les droits prévus à ce Pacte international inappliqué au Canada depuis quarante ans.

Le NPD demande à ce que le gouvernement intègre ce droit dans la législation canadienne des droits de la personne. C’est le sens du projet de loi C-264 de Marjolaine Boutin-Sweet : ajouter le droit au logement dans la Déclaration canadienne des droits, afin que l’on reconnaisse le droit de l'individu à un logement adéquat, à un prix raisonnable et sans obstacle injustifié.

L’itinérance au Canada : un phénomène préoccupant

Si l’on souhaite que tous les Canadiens aient le droit et donc l’accès à un logement adapté à leurs besoins, il faut tout d’abord lutter activement contre l’itinérance.

L’état de l’itinérance au Canada est extrêmement préoccupant. Cependant, il existe de nombreuses raisons de penser que cette situation pourrait être améliorée et que l’itinérance pourrait être totalement éradiquée.

En 2016, on estimait à plus de 235 000 le nombre de personnes vivant en situation d’itinérance au cours d’une même année. Historiquement, les personnes en situation d'itinérance au Canada étaient des hommes seuls plus âgés. Or, aujourd’hui, il y a davantage de femmes, de familles et de jeunes qui sont concernés. Les ménages autochtones demeurant sur des réserves ou hors réserves, ainsi que les personnes issues de l’immigration sont également plus susceptibles de connaître une situation d’itinérance – les autochtones représentent 28 à 34 % des utilisateurs de refuges alors qu’ils représentent 4,3 % de la population).

La lutte contre l'itinérance : un investissement profitable à tous

Le retrait graduel des investissements du gouvernement fédéral en matière de logement social est l’une des causes les plus importantes de cette situation critique.

Éradiquer l’itinérance représenterait en fait, pour le gouvernement, non pas une dépense, mais bien un investissement. En effet les personnes sans-abris sont susceptibles, de façon supérieure à la moyenne, de fréquenter les milieux hospitaliers et carcéraux, ce qui engendre des coûts importants, davantage que ceux engendrés par les différents programmes pour réduire l’itinérance et pour loger les sans-abris dans des logements sociaux.

Le gouvernement fédéral intervient par l’entremise de la Stratégie des partenariats de lutte contre l’itinérance (SPLI). Il s’agit d’un programme communautaire, qui a financé de nombreuses actions afin de lutter contre l’itinérance.

Cependant, dans le cadre de la SPLI 2014-2019, le précédent gouvernement conservateur a décidé d’opérer une réorientation majeure de la SPLI et d’axer le programme vers une approche d’intervention appelée « Housing First » sans augmenter le budget qui y est consacré. Cette approche vise spécifiquement à répondre aux besoins des personnes en situation d’itinérance chronique, sans prendre en compte les autres formes pourtant dominantes d’itinérance. De plus, en dédiant de 40 % à 65 % des ressources à cette nouvelle approche, cela a eu pour conséquence de réduire la capacité d’action des collectivités pour répondre aux différents besoins, particulièrement la prévention de l’itinérance des organismes qui s’y consacrent et de réduire l’autonomie des collectivités de décider des priorités pour répondre à leurs besoins particuliers.

 

Quelques liens utiles :

// Alliance canadienne pour mettre fin à l'itinérance

// Réseau d'aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM)

// Réseau Québécois des OSBL d’Habitation (RQOH)

// Réseau SOLIDARITÉ Itinérance du Québec (RSIQ)

// Le Rond-point de l’itinérance