Des députés montréalais demandent l’aide urgente de la ministre Finley

Montréal Express, le 14 décembre 2011 - Par Philippe Beauchemin

Dans une lettre envoyée à la ministre Diane Finley, responsable des Ressources humaines et développement des compétences du Canada, des députés fédéraux du NPD demandent une aide monétaire urgente.

« Nous constatons que les fonds alloués à la lutte à l’itinérance sont inadéquats pour contrer ce problème qui s’aggrave de façon considérable.

« (…) les besoins des organismes communautaires sont croissants en raison de l’augmentation du nombre de personnes en situation d’itinérance ou à fort risque de le devenir. C’est le triste résultat des nombreuses pertes d’emploi des dernières années ainsi que du manque de politiques publiques adaptées aux personnes les plus vulnérables économiquement. Partout au Canada, le constat est le même : le chômage est en hausse, le logement social est sous-financé et les ressources en santé mentale sont débordées. Sur le terrain, la crise est tangible », peut-on lire dans la lettre.

Selon les signataires, dont Marjolaine Boutin-Sweet, députée d’Hochelaga, Hélène Laverdière, députée de Laurier –Sainte-Marie, Alexandre Boulerice, député de Rosemont – La Petite-Patrie, Tyrone Benskin, député de Jeanne – Le Ber et Hélène Leblanc, députée de LaSalle – Émard, plus de 30 000 personnes vivent en situation d’itinérance à Montréal, et les refuges et les banques alimentaires connaissent une importante hausse de la demande.

« (…) les organismes qui accueillent les personnes en situation d’itinérance souffrent d’un manque criant de financement rendu d’autant plus dramatique que le nombre de sans-abri augmente sans cesse. Faut-il attendre qu’il y ait des morts pour agir? Cela serait clairement indigne d’un pays riche comme le Canada. Nous sommes devant une véritable crise humaine et il est de notre devoir de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter le pire », écrivent-ils.

Ils demandent donc à la ministre d’intervenir et de « débloquer un fonds d’urgence de 30 millions sur 3 ans pour le Québec afin de répondre à l’urgence de la situation. C’est un minimum pour répondre aux besoins des organismes communautaires qui ne sont plus en mesure de répondre aux demandes du nombre croissant de personnes sans-abri. »

Des projets en péril

« - Dans Hochelaga, en raison du manque de budget alloué pour Montréal, un projet d’ouverture d’un centre de répit pour femmes prostituées en état de désorganisation n’a reçu le financement que pour une seule intervenante alors qu’un minimum de trois est nécessaire à l’opérationnalisation de ce service.

« - Le Projet Refuge-Maison Haidar, situé dans Rosemont – La Petite-Patrie, s’est vu refuser la totalité du financement demandé. Cet organisme accueille les demandeurs de statut de réfugié qui viennent d’arriver au Canada et qui entreprennent leurs démarches administratives. Bien souvent, ils sont en situation de choc post-traumatique, ne parlent ni français ni anglais, et ont des besoins spécifiques. L’organisme ne bénéficie plus d’aucune subvention publique.

« - Au centre-ville de Montréal, dans Laurier-Sainte-Marie, l'organisme Projets Autochtones du Québec doit déménager d'ici l'été son refuge pour itinérantes et itinérants autochtones. Alors qu'on lui donne deux mois pour aller chercher le demi-million manquant, l'équipe de Projets Autochtones du Québec craint de devoir fermer définitivement ses portes et de laisser à la rue une population particulièrement vulnérable, dont la proportion au sein des sans-abri est grandissante. »

Lisez l'intégrale de la lettre: