Des chambres vides fraichement rénovées

Le journal de Montreal | Camille Gaior

Les 100 000 $ de travaux investis dans le refuge du CAP St-Barnabé n’auront servi qu’un an faute de subventions, regrette le directeur. Aujourd’hui, il lance un appel à la population avec la campagne «Jamais sans toit», pour rouvrir le seul refuge d’Hochelaga-Maisonneuve.

«Tous les équipements sont là, on pourrait même doubler la capacité, ajouter 4 lits chez les femmes et autant chez les hommes, sans augmenter le budget de fonctionnement», explique Paul Atangana, le directeur général de CAP St-Barnabé, dans Hochelaga-Maisonneuve.

Depuis le 1er juillet dernier, les lits installés à l’étage de l’ancienne église située au coin de l’avenue Bennett et de la rue Adam sont pratiquement toujours vides.

La subvention fédérale pour le refuge de nuit n’a pas été renouvelée en juillet 2015 et le répit de jour, instauré en septembre pour les travailleuses du sexe, n’a servi que pour une douzaine de litées.

Si le directeur se sent frustré c’est parce que ce refuge qui «accueillait tout le monde et à n’importe quelle heure» était toujours plein.

D’ailleurs, pour se démarquer des autres lieux d’accueil, les 100 000 $ de travaux investis avaient servi à aménager des salles de bain avec baignoire et des lits simples pour créer une certaine intimité.

Besoins criants

«Chaque jour, on a une centaine de personnes au centre communautaire et le soir, quand on ferme à 19h, on doit les mettre dehors alors qu’il y a des lits juste en haut, regrette celui qui coordonne aussi le dépannage alimentaire. Après, ils vont dans des refuges au centre-ville pour revenir ici le lendemain, c’est ridicule.»

À l’Anonyme, qui sert de halte-chaleur dans le quartier, on se désole aussi de cette situation.

«En plus, c’est un service qui était demandé depuis fort longtemps et qui permettait de ne pas les déplacer vers le centre-ville», poursuit Sylvie Boivin.

Appel à l’aide

Avec le lancement cette semaine de la campagne de financement «Jamais sans toit» et 4 guignolées à partir du 13 février, l’organisme espère amasser 50 000 $, de quoi rouvrir cet hiver.

«Pour toute l’année, il nous faudrait au moins 120 000 $, c’est pour ça que nous avons envoyé une demande de fonds d’urgence au CIUSSS [Centre intégré universitaire de santé et de services sociaux]», ajoute M. Atangana.

Au CIUSSS, qui doit d’abord analyser les projets avant qu’ils soient soumis à Emploi et Développement social Canada, on dit soutenir l'organisme dans ses cibles.

«Il reste une somme substantielle de fonds du budget 2014-2015», ajoute Marjolaine Boutin-Sweet, députée fédérale pour Hochelaga, qui espère que le refuge pourra rouvrir au plus vite.

 

Source : http://www.journaldemontreal.com/2016/02/02/des-chambres-vides-fraichement-renovees