Pour une industrie culturelle dynamique et vivante

Le secteur des arts et de la culture est vital pour notre identité collective. Il nous permet non seulement d’enrichir la vie des individus et des communautés, mais aussi de raconter des histoires qui nous situent dans le monde et qui nous permettent d’exprimer qui nous sommes.

L’industrie culturelle est également un vecteur important de création d’emplois et de croissance économique. On estime qu’en 2010, les retombées économiques du secteur de la culture s’élevaient à plus de 53,4 milliards de dollars, soit environ 3,4 % du produit intérieur brut (PIB). C’est plus de 700 000 emplois à travers le Canada, soit l’équivalent de 4 % de la population active, qui sont liés à cette industrie. Il est donc essentiel que le gouvernement fédéral investisse dans le développement et le rayonnement de la culture, tant sur la scène régionale qu’internationale.

Quand culture et austérité font mauvais ménage

Depuis dix ans, le bilan fédéral en matière de culture est plus que catastrophique. Le gouvernement conservateur de Stephen Harper, qui n’a jamais caché son hostilité envers le secteur des arts et de la culture, a carrément sabré les budgets des principaux organismes fédéraux œuvrant dans le domaine. Ainsi, dans le budget 2012-2013, l’ONF, Téléfilm Canada, mais aussi Bibliothèques et Archives Canada ont vu leurs financements respectifs amputés de 10 %.

La même année, la Société Radio-Canada, une entreprise de service public essentielle au rayonnement culturel canadien, s’est vue couper plus de 115 millions de dollars et a été contrainte de faire 1600 mises à pied parmi son personnel. Et c’est sans parler de Destination Canada, l’agence fédérale de promotion du tourisme, qui a perdu plus de 24 millions de dollars de budget sous l’impulsion des conservateurs.

Cette cure d’austérité, aussi inefficace qu’arbitraire, a grandement porté préjudice à notre industrie culturelle. Représentant 461 millions de dollars à terme, soit à peine 0,6 % des dépenses compressibles du gouvernement, ces coupures budgétaires n’avaient pas pour but de faire des « économies », mais bien de forcer ces organismes déjà sous-financés à réduire considérablement leur personnel et leurs moyens d’action. Un acharnement idéologique injustifié et partisan qui s’est fait au détriment des principaux consommateurs de biens culturels : les citoyen-ne-s.

Durant la campagne électorale de 2015, les libéraux de Justin Trudeau avaient promis de renverser la vapeur en bonifiant l’aide à la culture et en redonnant son financement à Radio-Canada. Dans le budget 2016-2017, le nouveau gouvernement a ainsi annoncé des investissements de 1,8 milliards de dollars sur cinq ans dans le secteur de la culture, notamment à l’ONF, au Conseil des arts et à Téléfilm Canada. Ces mesures, même si elles rompent avec la politique dévastatrice des conservateurs, ne sont pas suffisantes pour protéger et faire rayonner adéquatement notre industrie culturelle.

Au NPD, nous croyons qu’il est essentiel d’appuyer davantage la créativité qui se fait chez nous. Nos artistes doivent avoir de meilleures occasions de promouvoir leur travail, ici comme à l’étranger, et doivent bénéficier d’un appui plus solide de la part du gouvernement fédéral. Il est aussi important d’assurer un financement prévisible et à long-terme pour les organismes culturels fédéraux et les musées (petits et grands), qui jouent un rôle central dans la diffusion de nos biens culturels et de notre patrimoine.

En matière de communications, nous croyons que les radiodiffuseurs communautaires et les médias alternatifs devraient être davantage soutenus. Il est aussi crucial de s’assurer que les médias d’information endossent la responsabilité sociale liée à leur travail, et que les droits des consommateurs soient mieux protégés face à ces entreprises. Enfin, il est essentiel de renforcer l’indépendance de Radio-Canada en augmentant son financement public et en donnant davantage d’autonomie à l’ombudsman.

La culture dans Hochelaga

Dans notre circonscription, l’offre culturelle est inégalement répartie selon les secteurs. Si les infrastructures dédiées à la culture sont au cœur de la vie de quartier dans Hochelaga-Maisonneuve, elles sont nettement moins développées dans l’Est de Rosemont, où l’on ne retrouve ni bibliothèque municipale, ni maison de la culture, ni centre culturel.

Ce manque à gagner a d’ailleurs été largement souligné en 2012, dans le cadre du Forum social de Rosemont, auquel nous avons participé activement. Au terme de ce forum, les participant-e-s ont fait le choix d’accorder une priorité à la culture, en encourageant une vie culturelle proche des citoyen-ne-s et ancrée dans la communauté. Ce choix reflète la volonté des résident-e-s et des organismes communautaires du quartier d’accorder davantage d’importance à la culture dans Rosemont-Est.

Nous croyons qu’il est important de privilégier l’accessibilité à la culture sur l’ensemble de notre territoire, de façon à ce que chaque citoyen puisse trouver des ressources culturelles à proximité de son lieu de résidence, et ainsi jouir d’un milieu de vie dynamique et vivant. C’est pourquoi nous soutenons les groupes locaux qui œuvrent dans le secteur des arts et de la culture par le biais du programme d’Emploi Été Canada, qui permet chaque année d'octroyer d’importantes ressources afin de faire vivre la culture dans la circonscription.