Coupes budgétaires : la lutte contre l’itinérance à Montréal touchée

Magazine Être – en ligne, publié le 26 avril 2012
par Serge Ebacher
Le gouvernement conservateur vient de faire payer cher le prix de ses compressions budgétaires dans le programme de lutte à l’itinérance au Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal (RAPSIM). Les conservateurs sabrent plus de 20% du budget jusqu’à présent alloué.
Les dirigeants du RAPSIM se retrouvent déroutés. Comme pour le plan de lutte à la narco-prostitution dans Hochelaga-Maisonneuve, leur projet avait été jugé prioritaire par l’Agence de la santé et des services sociaux de Montréal. Le gouvernement conservateur a donc décidé de lui faire subir le même sort.
Le coordonnateur du Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal, Pierre Gaudreau, a déclaré à l’Agence QMI que ces compressions représentaient un manque à gagner de 80.000 dollars pour une organisation qui fonctionnait sur le respirateur artificiel depuis le début du mois. « Depuis le 1er avril, le réseau recevait un financement transitoire en attendant la décision de la ministre des Ressources humaines et développement. Ce financement se termine a semaine prochaine, ce qui menace notre travail sur les logements sociaux, les maisons de chambre et l’accès au service », a déclaré Monsieur Gaudreau.
Représentations à prévoir
Les compressions budgétaires étaient inattendues. Elles font d’autant plus mal que le budget initial de fonctionnement était prévu et alloué pour la période financière comprise entre les années 2012 et 2014.
Le Réseau d’aide aux personnes seules et itinérantes de Montréal se veut catégorique : il n’a pas l’intention de chercher ailleurs l’argent que vient de lui refuser le gouvernement conservateur. « On ne veut pas que le gouvernement du Québec et la ville de Montréal remplacent le fédéral », a déclaré Pierre Gaudreau.
Des représentations sont donc à prévoir pour exiger du gouvernement qu’il revienne sur sa décision et consacre à l’organisation la totalité des sommes qu’elle réclamait au programme fédéral de lutte à l’itinérance. Le RAPSIM regroupe 90 organismes qui viennent en aide aux personnes itinérantes de Montréal.