Condition féminine : travailler ensemble pour plus d’égalité

Au cours des dernières décennies, la place des femmes dans la société canadienne a connu de profonds changements, notamment sur le plan professionnel, politique et familial. Non seulement les femmes sont de plus en plus présentes sur le marché du travail – le taux d’activité des femmes est passé de 24 % en 1953 à 82 % en 2014, mais elles sont aussi de plus en plus nombreuses à occuper des postes à responsabilité et à s’investir dans la vie publique.

À titre d’exemple, alors qu’on comptait 6 % de femmes députées à la Chambre des communes en 1980, elles composent actuellement 26 % des député-e-s.

C’est à la faveur de plus d’un siècle de luttes féministes que nous avons pu en arriver là. Il est réjouissant de constater tous les progrès qui ont été faits au chapitre de la condition féminine. Toutefois, force est de constater qu’il nous reste encore beaucoup à faire pour parvenir à une réelle égalité des sexes, que ce soit en matière salariale, de participation à la vie publique ou de protection contre la violence.

Un salaire égal pour un travail équivalent

Le salaire moyen des femmes sur le marché du travail a doublé entre le milieu des années 1960 et aujourd’hui, passant de 15 700$ en 1965 à 37 200$ en 2010. Pourtant, encore en 2016, pour chaque dollar gagné par un homme, une femme ne recevra en moyenne que 77 sous. C’est sans parler des femmes immigrantes ou d’origine autochtone, pour qui l’écart de salaire est souvent encore plus grand.

Ces inégalités de rémunération ne sont pas sans effet sur les conditions de vie moyennes des femmes : celles-ci demeurent encore aujourd’hui plus exposées que les hommes à la pauvreté et la précarité, et sont souvent les premières victimes des mesures d’austérité de nos gouvernements. L’équité salariale est pourtant un droit inscrit dans la Loi canadienne sur les droits de la personne et garanti par la constitution. Il est donc plus que temps de s’attaquer à ces flagrants écarts de salaire qui subsistent entre hommes et femmes, et d’instituer l’équité salariale pour tous les salarié-e-s qui travaillent sous juridiction fédérale.

En février 2016, une motion allant en ce sens a été présentée à la Chambre des communes par les députées néo-démocrates Karine Trudel (Jonquière) et Sheila Malcomson (Nanaimo-Ladysmith). Cette motion, adoptée par tous les partis à l’exception des conservateurs, appelait le gouvernement fédéral à prendre des mesures concrètes pour réduire l’écart de rémunération entre hommes et femmes et à reconnaître l’équité salariale comme un droit. Suite à cette motion, un Comité spécial sur l’équité salariale a été créé par la Chambre. Son rapport final, présenté en juin 2016, recommande notamment au gouvernement Trudeau de produire un projet de loi proactif sur l’équité salariale dans les 18 prochains mois, soulignant ainsi à grands traits la nécessité de mettre en place, au niveau fédéral, un cadre législatif efficace en matière d’équité salariale.

Il est grand temps que les libéraux de Justin Trudeau respectent leurs engagements et présentent un projet de loi conforme aux recommandations du comité sur l’équité salariale. C’est grâce à une telle avancée que nous pourrons mettre fin à une discrimination systémique fondée sur le sexe, discrimination qui est corollaire d’une précarité économique plus marquée chez les femmes.

Combattre une discrimination systémique

Au-delà de la question des salaires, d’autres formes de discrimination subsistent envers les femmes, notamment en ce qui concerne la violence. En effet, 70 % des victimes de violence familiale au Canada sont des filles ou des femmes. Plus globalement, c’est près d’une femme sur deux au Canada qui sera victime de violence à un moment ou un autre de sa vie. Pour les femmes autochtones, le bilan est encore plus sombre : elles sont trois fois plus à risque d’être victimes de violence et quatre fois plus à risque d’être assassinées que les femmes non-autochtones.

Il est urgent que l’enquête nationale publique sur les femmes autochtones disparues ou assassinées entame ses travaux afin de jeter la lumière sur la violence et la discrimination systémiques dont elles font l’objet. Il est aussi essentiel de se doter, comme le NPD l’a proposé depuis plusieurs années déjà, d’un plan d’action efficace et complet pour lutter contre la violence faite aux femmes.

Il est également important de lutter pour faire évoluer la répartition traditionnelle des tâches domestiques au sein du foyer. Bien que de plus en plus d’hommes et de femmes combattent activement les stéréotypes sexistes, ceux-ci continuent de se perpétuer, tant dans la vie privée que dans l’espace public. Encore aujourd’hui, les femmes continuent d’assumer en majorité les responsabilités ménagères et le soin des enfants, alors qu’elles représentent pourtant près de la moitié (47 %) de la population active au Canada. Le plan du NPD, qui vise à créer un million de places en garderie à contribution réduite à travers le Canada, permettrait à de nombreuses femmes de s’investir sur le marché du travail et allégerait la charge de travail domestique qui, trop souvent encore, leur incombe.

Enfin, il est essentiel de continuer de nous mobiliser en faveur d’une meilleure représentation des femmes dans la vie politique. Le Canada se positionne au 48e rang sur la liste de l’Union interparlementaire des femmes élues aux parlements nationaux, loin derrière la plupart des pays européens et de pays en voie de développement tels que l’Ouganda, la Mauritanie, le Rwanda ou l’Irak. Cette situation illustre de quelle manière les femmes, encore aujourd’hui, font face à une série d’obstacles quand elles veulent se faire élire : les clichés sur les capacités des femmes, mais aussi le manque de modèles politiques féminins et la couverture médiatique discriminatoire continuent de freiner l’engagement des femmes en politique.

Que ce soit en matière salariale, familiale ou politique, nous avons donc beaucoup à faire pour continuer de faire progresser la condition des femmes au Canada. C’est en travaillant ensemble et en se dotant des bons outils que nous pouvons faire une différence pour les générations futures.