L’assurance-emploi : un pilier de notre système social

Un régime par et pour les salarié-e-s

Depuis 70 ans, le régime fédéral d’assurance-chômage (maintenant appelé assurance-emploi) vise à assurer une protection aux personnes qui perdent leur emploi. Il permet non seulement aux chômeurs et aux chômeuses de rechercher des opportunités d’emploi à la hauteur de leurs compétences, mais il incarne aussi les valeurs de solidarité et d’égalité sur lesquelles reposent les bases de notre système social.

Lors de sa création en 1941, le programme d’assurance-chômage était financé par le gouvernement fédéral ainsi que par les cotisations des employeurs/employeuses et des salarié-e-s. Ce financement partagé en faisait un programme extrêmement généreux qui profitait à toutes les personnes ayant eu la malchance de perdre leur emploi. Or, depuis les années 1990, Ottawa a cessé de contribuer au programme, et les réformes successives n’ont fait que limiter toujours plus l’accès des personnes sans emploi aux prestations.

D’une réforme à l’autre : un bilan catastrophique

On compte aujourd’hui 1,3 million de personnes en situation de chômage au Canada, soit 200 000 de plus qu’avant la récession de 2008. Pourtant, elles sont de moins en moins nombreuses à être admissibles aux prestations d’assurance-emploi.

Si en 1990, 83 % des chômeurs et chômeuses recevaient des prestations, ce pourcentage n’a cessé de chuter au fil des années pour atteindre 36 % en 2014. Lorsque le Premier ministre libéral Jean Chrétien et son ministre des Finances Paul Martin ont réformé l’assurance-emploi, dans les années 1990, plus de 4 personnes sur 10 ont perdu leurs prestations.

C’est avec la réforme désastreuse de l’assurance-emploi, initiée par les conservateurs en 2012, que le nombre de personnes admissibles a atteint son niveau le plus bas, soit moins de quatre personnes sans travail sur dix et ce, malgré le fait que tous les salarié-e-scotisent au régime. Cette réforme a également mené à l’adoption de nouvelles règles forçant les chômeurs et les chômeuses à accepter des emplois éloignés de leur lieu de résidence, et jusqu’à 30 % moins bien payés que leur emploi précédent.

Ensemble, les gouvernements libéraux et conservateurs ont puisé plus de 50 milliards de dollars dans la caisse d’assurance-emploi pour financer des programmes sans lien avec celle-ci. D’une réforme à l’autre, ils ont sans cesse resserré les conditions d’accès aux prestations, contribuant à précariser les personnes sans emploi. Il est grand temps de mettre fin à ces décennies de réformes destructrices et de financier adéquatement le régime d’assurance-emploi, qui est l’un des piliers de notre système social.

Lors de la dernière campagne électorale, le Parti libéral de Justin Trudeau avait promis d’annuler les changements apportés au programme d’assurance-emploi par les conservateurs. Maintenant au pouvoir, les libéraux ont annulé les dispositifs de cette réforme conservatrice dans le budget 2016-2017 et ont annoncé des investissements de 1 milliard de dollars pour les chômeurs et chômeuses. Pourtant, sur les 850 000 personnes qui ont perdu leur travail et n’ont pas accès à l’assurance-emploi, seules 50 000 d’entre elles pourront à nouveau percevoir des prestations grâce à ces mesures. C’est donc 800 000 Canadiens dans le besoin que le gouvernement laisse tomber, sans compter les employés saisonniers, qui n’obtiendront pas l’aide qui leur était promise. Il est urgent de corriger le tir pour redonner le système d’assurance-emploi à ceux et celles à qui il appartient vraiment : les travailleurs et les travailleuses.

L’assurance-emploi : un projet politique

Au NPD, la défense des travailleurs et des travailleuses est au centre de notre action politique depuis la fondation du parti. L’assurance-emploi est un rouage essentiel à la prospérité économique, c’est pourquoi nous croyons qu’il est essentiel de réformer ce régime afin qu’il puisse bénéficier à tous ceux et celles qui y cotisent.

Notre plan pour le programme d’assurance-emploi :

  • Établir un seuil d’admissibilité unique de 360 heures de travail dans l’année précédente avec des prestations basées sur les 12 meilleures semaines, annulant les critères d’admissibilité variables selon la région et le taux de chômage qui y sévit ;
  • Soutenir financièrement les provinces pour bonifier la formation, ce qui permettra de créer des dizaines de milliers d’opportunités de formation et de transition au travail ;
  • Aider les parents en leur offrant des congés parentaux plus longs et aider les personnes dont les proches souffrent de maladies graves en améliorant les prestations de compassion.

Seul le NPD propose de réviser le programme d’assurance-emploi afin que les prestations soient plus accessibles et plus généreuses. C’est en repensant en profondeur ce régime que nous pouvons lui insuffler de nouveau la vocation qui était sienne : celle d’assurer des conditions de vie décentes et une protection adéquate aux personnes sans emploi.

 

Quelques liens utiles :

// Carrefour Jeunesse Emploi Hochelaga-Maisonneuve

// Carrefour Jeunesse Emploi Mercier

// Carrefour Jeunesse Emploi Rosemont – La-Petite-Patrie

// Comité chômage de l’Est de Montréal

// Mouvement Action-Chômage de Montréal

// Mouvement Autonome et Solidaire des Sans-Emploi