Aide à l'itinérance : la Rive-Sud s'inquiète

Rive-Sud Express.ca | Par Diane Lapointe

LONGUEUIL – À 180 jours de la fin de l'actuelle Stratégie des Partenariats dans la lutte contre l'itinérance (SPLI), la mobilisation sur la Rive-Sud s'intensifie pour demander au gouvernement Harper de maintenir telle quelle la vocation du programme d'aide. Au Québec, ce sont 50 000 personnes en situation ou à risque d'itinérance qui seraient affectées, et sur la Rive-Sud, ce pourrait être l'arrêt de mort pour une vingtaine d'organismes communautaires.

Le budget fédéral déposé en mars dernier annonçait un virage majeur dans le soutien qu’apporte le gouvernement fédéral au niveau de l’itinérance. La SPLI sera reconduite pour cinq ans, mais avec un budget réduit de 10 % et orientée vers un modèle, le Housing first.

Lundi matin en conférence de presse à la CASA Bernard Hubert, les députés de la Rive-Sud Bernard Drainville, Pierre Nantel, Sadia Groguhé, Djaouida Sellah, le chef du Bloc québécois, Daniel Paillé, le député libéral de Westmount – Ville-Marie, Marc Garneau, la députée néodémocrate d'Hochelaga et critique en matière de logement, Marjolaine Boutin-Sweet, le député Matthew Dubé ainsi que la présidente de la Table Itinérance Rive-Sud, Lucie Latulippe, ont réitéré leur demande auprès du gouvernement conservateur de revenir sur ses positions et de ne pas changer les orientations généralistes du SPLI au profit d'une vocation de type Logement d'Abord .

Lucie Latulippe explique qu'il est très difficile d'évaluer le nombre de personnes à risque qui seraient affectés sur la Rive-Sud puisqu'elles puisent de l'aide auprès d'une vingtaine d'organismes locaux. De l'aide qui se traduit par de l'hébergement temporaire, des repas gratuits ou à petits prix, des programmes de réinsertion sociale, etc.

Elle confirme cependant que 28 postes d'intervenants sont menacés par ce changement d'orientation. L'impact négatif serait énorme puisque ces travailleurs effectuent annuellement quelque 17 000 interventions.

De plus, signale-t-elle, puisque les organismes de la Rive-Sud ne répondent pas aux critères pour bénéficier de la nouvelle orientation du programme axé sur les logements, ce serait leur fin.

Pour le député ministre Bernard Drainville, la décision du gouvernement Harper est inhumaine. «Pourquoi changer un modèle qui fonctionne bien. Depuis 2007, je suis en mesure de reconnaître l'importance du travail des organismes d'ici impliqués dans la lutte à l'itinérance. Le gouvernement du Québec est très actif dans ce dossier et l'Assemblée nationale a même adopté à l'unanimité une motion pour que la SPLI conserve son modèle actuel.»

La députée Boutin-Sweet a aussi indiqué que le programme SPLI n'avait pas été indexé depuis 2001 et qu'il avait même vu son budget coupé cette année de 135 M$ à 119 M$.

 

Source: http://www.rivesudexpress.ca/Actualites/Societe/2013-09-30/article-3412366/Aide-a-litinerance-%3A-la-Rive-Sud-sinquiete/1